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Schéma Plancher Bois Étage : Comment Dimensionner le Solivage ?

Schéma Plancher Bois Étage : Comment Dimensionner le Solivage ?

Vous prévoyez de créer un étage dans votre maison ou de rénover un plancher existant ? Vous vous demandez comment être sûr que votre structure en bois sera assez solide ? Savoir dessiner un schéma et calculer les bonnes dimensions pour votre solivage est l’étape la plus importante.

Cet article est le guide étape par étape qu’il vous faut. On va voir ensemble le schéma complet, le calcul de dimensionnement et les techniques de pose pour que votre projet de plancher bois soit une réussite totale et sécurisée.

Schéma de la Structure d’un Plancher Bois d’Étage

Avant de se lancer dans la technique et les calculs, il faut bien visualiser les différents éléments. Un bon schéma vaut mieux qu’un long discours. La vidéo ci-dessous vous montre clairement comment les pièces s’assemblent pour former une structure solide et stable.

Les Composants Clés d’un Plancher Bois : Le Vocabulaire Essentiel

Pour comprendre un plan de construction ou discuter avec un artisan, il faut parler le même langage. Voici les pièces principales qui composent un plancher bois d’étage. Chaque élément a un rôle précis dans la résistance et la stabilité de l’ensemble.

  • Les solives, bastaings ou madriers : C’est le squelette de votre plancher. Ce sont les pièces de bois horizontales qui vont supporter tout le poids. Leur section (largeur x hauteur) et leur espacement sont très importants.
  • Les poutres porteuses (ou maîtresses) : Si la pièce est très large, les solives seules ne suffisent pas. On utilise alors une ou plusieurs grosses poutres porteuses pour les soutenir au milieu. Elles reposent sur des murs porteurs ou des poteaux.
  • Les entretoises : Ce sont de petites pièces de bois fixées perpendiculairement entre les solives. Elles sont là pour éviter que les solives ne se déforment ou ne se tordent avec le temps. Elles rendent la structure beaucoup plus rigide.
  • Le platelage : C’est la surface sur laquelle vous marchez. Il est généralement fait de panneaux OSB, de dalles agglomérées ou de contreplaqué. C’est lui qui répartit les charges sur l’ensemble du solivage.

Le Dimensionnement du Solivage : Calculs et Règles à Respecter

C’est le moment le plus technique, mais aussi le plus important. Un mauvais calcul et votre plancher peut s’affaisser, vibrer ou même devenir dangereux. Trois facteurs sont à prendre en compte pour choisir la bonne section de bois pour vos solives.

Les 3 piliers du calcul : portée, charges et entraxe

Pour bien dimensionner votre solivage, vous devez jongler avec ces trois données. Si vous changez l’une, les deux autres sont impactées. C’est un équilibre à trouver pour avoir une structure à la fois économique et très résistante.

  • La portée : C’est la distance que la solive doit franchir entre ses deux points d’appui (deux murs porteurs, ou un mur et une poutre). Plus la portée est grande, plus la solive devra être haute et épaisse pour ne pas plier.
  • L’entraxe : C’est l’écart mesuré entre l’axe de deux solives voisines. Un entraxe faible (40 cm par exemple) répartit mieux la charge, ce qui permet d’utiliser des solives de plus petite section. Un entraxe plus grand (60 cm) demande des solives plus robustes.
  • Les charges à supporter : C’est tout ce que le plancher devra porter. On distingue deux types de charges.

Les charges permanentes correspondent au poids de la structure elle-même : le poids des solives, de l’isolation, des panneaux OSB, du parquet, et même des cloisons légères. Les charges d’exploitation représentent tout le reste : les meubles, les personnes qui marchent, etc. Cette valeur est fixée par la réglementation.

À savoir : Les charges d’exploitation ne sont pas les mêmes partout. Elles dépendent de l’usage de la pièce. Une chambre n’a pas à supporter le même poids qu’un balcon ou une salle de réunion.
Usage de la pièce Charge d’exploitation à prévoir (Norme NF EN 1991-1-1)
Logement (chambre, séjour) 150 kg/m²
Combles aménageables 150 kg/m²
Bureaux 250 kg/m²
Balcons 350 kg/m²

Le calcul de charge est donc simple : (charges permanentes + charges d’exploitation) x surface de la pièce. C’est ce poids total qui va déterminer la section du bois nécessaire pour vos poutres et solives, en fonction de la portée et de l’entraxe choisis. Pour vous aider, il existe des tableaux de calcul, appelés « abaques », qui donnent des sections de solives en fonction de ces critères.

Les Méthodes de Fixation du Solivage

Une fois les bonnes sections de bois choisies, il faut les fixer solidement. La méthode de fixation dépend de la nature de vos murs (béton, parpaing, pierre, ossature bois) et de la configuration de votre chantier, notamment en rénovation.

Fixation sur muralière

C’est une technique très courante en rénovation. Plutôt que de faire des trous dans le mur pour chaque solive, on fixe d’abord une poutre muralière à l’horizontale contre le mur porteur. Cette poutre est solidement ancrée avec des goujons d’ancrage si le mur est en béton plein, ou avec un scellement chimique pour des murs creux ou anciens.

Ensuite, les solives viennent simplement se poser sur cette muralière. C’est une méthode rapide qui évite de fragiliser les murs. Les solives sont ensuite fixées à la muralière avec des vis ou des équerres de charpente.

Fixation avec sabots de charpente

C’est la solution la plus simple et la plus utilisée aujourd’hui. Les sabots de charpente sont des pièces métalliques en forme de U qu’on fixe directement dans le mur ou sur une poutre porteuse. Les solives viennent ensuite s’encastrer dedans. C’est très solide et ça garantit un alignement parfait.

Cette méthode permet de garder le dessus des solives au même niveau que le dessus de la poutre porteuse, ce qui est utile si vous avez une faible hauteur sous plafond. La fixation des sabots dans la maçonnerie se fait également par goujons ou scellement chimique.

Le scellement direct dans les murs

C’est la méthode ancienne. Elle consiste à encastrer directement l’extrémité des solives dans des trous faits dans les murs porteurs. On la trouve dans beaucoup de maisons anciennes. Aujourd’hui, on l’utilise moins car elle peut créer des ponts thermiques et des problèmes d’humidité si le bois est en contact direct avec la maçonnerie.

Si vous utilisez cette technique, il faut veiller à protéger le bout de la solive avec un feutre bitumé et à laisser un peu d’espace autour pour que l’air circule. C’est une solution robuste mais qui demande plus de travail et de précautions.

Guide de Pose : Les 5 Étapes Clés pour Réaliser votre Plancher

Vous avez vos calculs, vos matériaux et votre méthode de fixation. Il est temps de passer à la pratique. Voici les grandes étapes pour poser votre plancher bois dans les règles de l’art. Prenez votre temps, la précision est votre meilleure alliée.

  1. Préparez les supports : Assurez-vous que les murs porteurs sont sains, propres et de niveau. Si vous posez une poutre porteuse, préparez ses appuis. C’est la base de tout, si vos supports ne sont pas parfaits, votre plancher ne le sera pas non plus.
  2. Fixez les appuis : Installez la muralière ou les sabots de charpente sur les murs opposés. Utilisez un niveau laser pour garantir une horizontalité parfaite. L’avenir de votre plancher plat se joue à cette étape.
  3. Mettez en place les solives et entretoises : Posez les solives dans leurs sabots ou sur la muralière en respectant l’entraxe défini. Une fois toutes les solives en place, installez les entretoises à mi-portée pour rigidifier l’ensemble. La structure prend forme.
  4. Posez le platelage : Démarrez la pose des panneaux OSB dans un angle de la pièce, perpendiculairement aux solives. Les panneaux doivent être posés en « coupe de pierre » (joints décalés) pour plus de solidité. Laissez un petit jeu de dilatation en périphérie (environ 1 cm).
  5. Vérifications et finitions : Vissez bien les panneaux sur chaque solive. Vérifiez que rien ne bouge et que le plancher est bien rigide. Votre plancher porteur est terminé, prêt à recevoir l’isolation et le revêtement de sol final.

Normes et Réglementations à Connaître (DTU 51.3)

Construire un plancher ne s’improvise pas. Il existe des règles techniques, regroupées dans des documents appelés DTU (Documents Techniques Unifiés). Pour les planchers en bois, c’est le DTU 51.3 qui fait référence. Il donne les règles de l’art pour la conception et la mise en œuvre.

Même si vous n’êtes pas un professionnel, connaître les grands principes de cette norme est un gage de qualité et de sécurité pour vos travaux. Voici les points essentiels à retenir :

  • Le bâtiment doit être clos et couvert : On ne pose pas un plancher bois sous la pluie. La structure et les panneaux doivent être protégés de l’humidité pendant toute la durée du chantier.
  • Le taux d’humidité du bois est contrôlé : Le bois est un matériau vivant qui bouge avec l’humidité. Le DTU impose un taux d’humidité inférieur à 20% pour le solivage au moment de la pose. C’est crucial pour éviter les déformations futures.
  • Les fixations sont normalisées : Pour fixer les panneaux de type OSB, le DTU recommande d’utiliser des vis ou des pointes torsadées, qui ont une meilleure résistance à l’arrachement que des clous lisses. Les panneaux eux-mêmes doivent être certifiés (norme NF EN 13986).

Questions Fréquentes sur le Plancher en Bois (FAQ)

Même avec un guide complet, des questions spécifiques peuvent se poser. Voici les réponses aux interrogations les plus courantes sur la création d’un plancher en bois.

Quelle section de solive pour une portée de 5 mètres ?

Il n’y a pas de réponse unique, car tout dépend de l’entraxe et des charges. Cependant, pour un plancher d’habitation standard (charge 150 kg/m², entraxe 50 cm), une section courante pour une portée de 5 mètres est 75×225 mm en bois massif ou une poutre en I équivalente. Il faut toujours vérifier ce chiffre avec un abaque ou un bureau d’études.

Quel est l’entraxe idéal pour un plancher OSB ?

L’entraxe dépend de l’épaisseur de vos panneaux OSB. Pour de l’OSB 3 de 18 mm d’épaisseur, un entraxe de 50 cm est un bon maximum. Si vous utilisez de l’OSB 3 de 22 mm, vous pouvez aller jusqu’à 60 cm d’entraxe. Respecter cette règle évite d’avoir un sol qui « pompe » entre les solives.

Comment isoler phoniquement un plancher en bois ?

Le bois transmet bien les bruits d’impact (les bruits de pas). Pour une bonne isolation acoustique, il faut désolidariser les éléments. La meilleure solution est de poser une bande résiliente (en liège ou en feutre) sur le dessus des solives avant de visser les panneaux OSB. On peut aussi remplir l’espace entre les solives avec un isolant souple comme de la laine de bois ou de roche.

Peut-on couler une chape sur un plancher bois ?

Oui, mais pas n’importe comment. Une chape traditionnelle en ciment est trop lourde et rigide. Il faut opter pour une chape sèche (composée de plaques de sol spéciales type Fermacell) ou une chape légère fibrée, spécialement conçue pour les supports bois. Dans tous les cas, le dimensionnement de votre solivage doit avoir prévu ce poids supplémentaire dès le départ.

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